Comme beaucoup de métiers, celui de consultant AMOA / chef de projet est en pleine transformation avec l’arrivée de l’IA. Et dans la Supply Chain, nous la voyons arriver des deux côtés.
D’un côté, la dimension IA est désormais intégrée dans les solutions déployées chez nos clients : prévision de la demande, optimisation des stocks, planification, transport, assistants intégrés aux ERP, analyse de données…
De l’autre, dans notre propre manière de travailler.
Une partie de ces tâches comme: préparer une trame d’atelier, structurer un compte rendu, analyser une documentation lourde, construire un support, mettre en forme ou analyser des données – peut aujourd’hui être réalisée beaucoup plus rapidement grâce à l’IA.
La question devient alors assez naturelle : Quelle sera demain la valeur ajoutée d’un consultant ?
Pour nous, la première erreur serait de considérer que l’IA ne menace absolument pas le métier. Si certaines tâches nécessitent deux jours aujourd’hui et quelques heures demain, les entreprises mettront la pression sur les prix et les cabinets devront davantage justifier la création de valeur.
L’erreur inverse serait de considérer que le métier de consultant se résume à ces tâches, car produire un livrable n’a jamais été le cœur de l’AMOA ou Chef de projet.
Prenons un projet ERP comme exemple.
L’IA peut expliquer le fonctionnement standard d’un processus, rechercher une information dans la documentation ou proposer plusieurs options de paramétrage.
Mais elle ne connaît pas spontanément la réalité de l’entreprise
L’IA ne sait pourquoi ce site fonctionne différemment des autres ni pourquoi les utilisateurs contournent le processus officiel depuis tant d’années.
Elle ne saurait pas trancher si le besoin exprimé en atelier est réellement indispensable ou simplement l’héritage de l’ancien système, s’il faut rester en fit-to-standard ou accepter un développement spécifique.
Enfin, elle ne sait pas anticiper quel sera l’impact de cette décision sur les processus connexes tel achats, la planification, la logistique, la production ou la finance.
De là on peut conclure, que c’est précisément dans ces limites de l’IA que se situe une grande partie de la valeur du consultant. L’IA n’est pas capable de :
Aller chercher une information qui n’est écrite nulle part.
Faire parler des métiers qui n’expriment pas leurs besoins de la même manière.
Détecter les contradictions entre deux équipes.
Challenger un besoin plutôt que de le retranscrire.
Faire émerger un arbitrage.
Expliquer une décision à des utilisateurs qui n’y étaient pas favorables.
Identifier qu’un problème présenté comme « un problème d’application » est en réalité un problème de processus, de données ou encore de gouvernance ou d’organisation.
Créer de la confiance dans une période de transformation, animer la conduite de changement ou être sur le terrain face à un utilisateur qui dit : « Impossible que ça marche chez nous. »
L’IA peut également donner accès à une quantité impressionnante de connaissances sur énormément de solutions, comme Odoo, Infor, SAP et plein d’autres.
Toutefois, avoir accès à la connaissance n’est pas la même chose qu’avoir de l’expérience.
Un expert ayant participé à plusieurs déploiements sait qu’une solution techniquement possible n’est pas nécessairement la plus adaptée.
Il connaît les conséquences de certains choix et voit quelles demandes spécifiques il faut challenger.
Enfin, il sait qu’entre la documentation d’un logiciel et son fonctionnement dans une entreprise réelle, il existe un énorme gap fait de paramétrage, d’interfaces, de la qualité de données, ainsi que de processus historiques et de contraintes humaines.
Chez Chrymelie, on pense que l’IA déplace la valeur du métier de consultant mais en aucun cas ne le fait pas disparaître.
On passera naturellement moins de temps à produire, rechercher, reformater et documenter, mais plus de temps à comprendre, challenger, décider, coordonner et accompagner. Cela implique probablement aussi une évolution du profil du consultant.
Être celui qui sait produire le plus rapidement des livrables, demain ne constituera plus un avantage majeur.
En revanche, savoir poser les bonnes questions, comprendre un processus de bout en bout, utiliser l’IA intelligemment, distinguer une bonne réponse d’une réponse plausible et transformer l’information en décision deviendra encore plus important.
Donc non, n’ayez crainte, l’IA ne remplacera pas les consultants.
Mais la nouvelle question à se poser serait :
« Quelle valeur doit apporter un consultant lorsque produire de l’information devient beaucoup moins coûteux ? ». Et celle-ci va profondément transformer notre métier dans les prochaines années.Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.
